Comment ça fonctionne ?

En matière de harcèlement en réseaux, il y a un phénomène très important qui doit être compris, appris mais surtout maîtrisé parfaitement ou au mieux de ses capacités.

Ce principe peut se révéler tout autant utile à toute personne qui est confrontée à des situations toxiques répétées.

Le harcèlement en réseaux dont le but est la destruction d’une personne s’opère généralement par étapes. On détruit, anéantit la vie professionnelle en premier, pilier de notre représentation au sein de la société. Avant de s’attaquer, au mieux, en même temps, au plan familial, sentimental, social afin d’isoler la personne qui se retrouve alors privé de tout point d’ancrage.

À titre d’aparté, on retrouve ce même type d’isolement avant extermination pratiqué par le Nazisme au début du conflit entre l’Allemagne et la Pologne à l’encontre de minorités ethniques. Des minorités ethniques sans forte attache à la société ont été facilement mises à l’écart et exterminées sans que leurs sorts n’émeuvent la population d’alors ou que quelques personnes ne se fassent leur porte-parole. C’est si vrai que l’on dit aujourd’hui qu’ils sont les grands oubliés de la Seconde guerre mondiale.

En essence, c’est bien ce qui se passe dans le cadre du harcèlement en réseaux. On isole la personne. Son quotidien est infiltré de matière à qu’elle n’ait plus de contact avec des personnes “intègres”. La personne disparaît progressivement dans l’anonymat la plus totale. Le cas de Joyce Vincent en Angleterre est très typique du harcèlement en réseaux avec des points très caractéristiques qui peuvent être débattus avec d’autres affaires tout aussi connues.

Mais revenons à la méthode Pavlov, appelé conditionnement simple. Il y a beaucoup de vidéos et de sites sur internet qui expliquent ce phénomène. Une ici parmi tant d’autres qui évitera de paraphraser (en moins clair) le phénomène.

Dans le contexte du harcèlement en réseaux, ce n’est pas tant le stimuli qui est important mais la réaction provoqué.

Dans le contexte de Pavlov, le stimuli appris génère une salivation. Dans le contexte du harcèlement en réseaux, le stimuli est une provocation répétée (presque à l’infini) dont l’objectif principal est de déclencher un stress, un énervement, une frustration, une colère chez la personne ciblée.

Une fois le stimuli intégré ou d’une certaine façon reconnu par la personne cible, il suffira de lui présenter quotidiennement le stimuli pour occasionner un stress, une colère qui accumulé au fils des jours, mois, années provoquera de véritables problèmes de santé. Tout peut devenir un stimuli qui n’invoquera absolument rien à personne sauf à la personne ciblée.

La conséquence assez paradoxale de cette situation (stimuli versus réaction) est que la personne ciblée s’inflige elle-même le stress occasionné. Cet état de fait est une réaction tout à fait naturel et même prévisible. Elle fait partie de notre éducation. On se fâche lorsque les codes de la société ne sont pas respectés. Quelqu’un nous coupe la route en voiture par exemple, on s’énerve, on rouspète. Les personnes cibles font l’objet, elles, d’une liste bien plus longues d’agissements de ce type qu’elles subissent au quotidien.

Le défi est de maîtriser cette réaction instinctive (stress, colère, etc…) et de la remplacer par un sentiment et raisonnement qui ne peut être que propre à chaque personne.

Si le stress, la colère sont choisis au détriment d’un sentiment plus raisonné et ancré dans une logique de défense alors la personne ciblée est en danger de se perdre, impuissant face à sa propre colère qu’elle ne pourra contenir qu’un temps plus ou moins long. Le refoulement ou la maîtrise d’une colère est néfaste sur le long temps. Cela donne des réactions à la Will Smith, disproportionnées dont personne ne comprend l’ampleur.

Le phénomène de Pavlov a révélé un mécanisme instinctif qui s’éduque. Si une personne cible répond au stimuli avec frustration par exemple, il s’éduque soi-même à provoquer à chaque présentation de stimuli ce sentiment.

Il y a un VRAI travail sur soi à faire pour ne pas rentrer dans le cycle du sentiment instinctif négatif que l’on essaiera de refouler sans succès puisque c’est nous même qui le nourrissons. C’est une étape primordiale. Il faut choisir une autre réaction que le stress ou la colère face au stimuli. Cela n’est pas facile parce que nos sentiments initiaux sont instinctifs mais si notre choix se porte sur un autre sentiment ou pensée, une fois ancré, le stimulus va générer ce sentiment ou cette pensée d’une autre nature. On pourra dire alors que la situation n’est pas contrôlée mais elle est maîtrisée et les pertes (en quelques sortes) sont moindres.

Le reconditionnement de la pensée, de sa réaction nécessite une volonté qui doit trouver sa source dans la consistance, la pérennité. Une fois qu’elle commence à prendre place (beaucoup plus rapidement que notre difficulté initiale pourrait nous le faire croire) le mécanisme s’ancre à chaque répétition du stimulus.

Il s’agit de trouver la pensée ou sentiment qui ne va pas vous faire défaut. Il faut qu’elle ou il vous élève par rapport au stimuli. De telle sorte que sans agir, tout en gardant le silence, vous renforcez une positivité.

Notre cerveau est une mécanique aussi sophistiqué que basique. Il s’adapte à tout. Une expérience a permis de démontrer qu’une personne affublée d’un casque de vision lui présentant un monde à l’envers finissait par s’en accommoder et vivre normalement. “The sky is the limit” comme on dit.

La réponse qu’une personne donne au stimuli est propre à chacun. Le sentiment ou la pensée que l’on décide consciemment de mettre à la place d’une réaction instinctive est personnel. Il ne doit pas être énoncé ou partagé.

En dernier lieu. Je vais paraphraser (en moins bien) un passage lu dans un ouvrage tout autre donc il est ici adapté à la situation :

Les personnes qui subissent depuis des années un harcèlement en réseaux doivent réaliser que les personnes qu’elles ont en face d’elles n’ont pas l’étendue de connaissance et l’expérience qu’elles ont acquis au fils du temps. Elles sont face à des personnes qui, soit ont reçu un enseignement théorique avant de passer sur le terrain, soit répondent à une demande, une faveur, un pari, un pourboire, une somme d’argent, les raisons sont sans fin mais ces personnes ne pratiquent pas le harcèlement en réseaux au quotidien. Cette courte mise au point aidera peut-être d’une façon différente chaque personne ciblée.